Il y a un vieux bus qui prend la route à la tombée du jour. Il ne va nulle part en particulier. Il va partout. Et à chaque arrêt, il ramasse une vie.
Le héros, lui, attendait sur un quai depuis trop longtemps, dans une ville grise où les jours se ressemblaient. Quand la porte s'est ouverte, le chauffeur n'a rien dit d'autre que « monte ». Alors il est monté — sans savoir où, juste pour ne plus rester. Dehors, la ville a disparu dans le rétroviseur. Dedans, des inconnus, chacun avec son histoire, sa peine, sa chanson.
Le Bus Woyage, c'est ce voyage de nuit où l'on découvre que la destination n'a jamais été le sujet. Les passagers montent et descendent, l'orage gronde, le moteur lâche en plein nulle part — et au matin, le héros comprend qu'il est devenu, un peu, chacune des personnes croisées en route.
Sur le modèle du voyage du héros, chaque morceau de l'album sera un arrêt : un visage, une halte, une bascule. Le terminus, à la fin, ne sera pas le point de départ — et ce sera tout l'enjeu.


