Il existe des contes qui se lisent dans les deux sens. À l'endroit, le héros part vaincre son ombre. À l'envers, l'ombre devient guide — et la fin se révèle être le commencement.
Un enfant croyait connaître la fin de son histoire préférée. Jusqu'au jour où un conteur aveugle lui a soufflé : « Tout conte a un dos. Le héros et son ombre, c'est la même personne. » Alors l'enfant a relu le conte à rebours. Le méchant avait ses raisons. La victoire ressemblait à une perte. Le sauveur, vu de l'autre côté, faisait peur.
Les Contes Réversibles est un album-miroir : chaque chanson possède son double inversé. On peut l'écouter dans un sens, puis dans l'autre — et l'histoire change de visage sans changer une note. C'est une œuvre sur le double, sur l'ombre, et sur cette idée vertigineuse : perdre, parfois, c'est trouver.
Sur le modèle du voyage du héros — mais joué des deux côtés du miroir — l'album invitera l'auditeur à devenir, à son tour, lecteur de sa propre histoire dans les deux sens.


